Adulescents

 

Rubrique : Je vais au spectacle

 

Pour inaugurer la rubrique "Je vais au spectacle" sur le blog, je vous parle d'une pièce de théâtre que j'ai vue récemment :

 

Adulescents titre

C'est une pièce en 2 actes avec 4 personnages : Rémi, Hugo, Mael et Rachel. 4 jeunes, donc, des adulescents, ou jeunes adultes qui se cherchent : Rémi enchaîne les boulots, Hugo travaille dans une banque, Mael est en galère d'appart et Rachel, étudiante, a un peu de mal à trouver un stage... Je ne sais pas vous, mais ce sont des personnages qui me parlent Smile 2 Pas forcément par rapport à mon vécu personnel, mais par rapport à celui de mes amis, ma famille... Ce sont des jeunes, quoi, des vrais, en chair et en os, avec tout ce qu'ils d'un peu ridicule, de fragile, de fort, de galère, d'interrogations, en un mot, d'humain !

Le premier acte se passe dans l'appartement où vivent Rémi et Hugo en colloc'. On y apprend à connaître les personnages avant de se lancer dans une intrigue plus ou moins déjantée, plus ou moins réaliste, mais qui ne nous laisse pas indifférent. Les personnages sont attachants et hilarants à la fois et les situations loufoques savent tirer parti d'un imaginaire collectif constitué aussi bien de situations vécues par tous que de références à la pop culture (Kaamelott, ou encore Friends - regardez la typographie du titre - pour n'en citer que quelques unes). S'ajoute à cela une mise en scène originale, avec deux voix off débatent sur des commentaires "méta" à propos des tropes de la mise en scène et de la narration ; le tout agrémenté d'une bande-son madeleine de Proust (pour les gens de ma génération, en tout cas), à base de générique de Friends, de Pokémon, d'Inspecteur Gadget et de Totally Spies Big smile

Vous l'aurez compris, j'ai adoré "Adulescents" ! Nous avons passé la soirée à rire ("nous" étant aussi bien "mon mari et moi", "mon mari et moi, et les amis qui nous avaient invités", ou encore "mon mari et moi, nos amis, ainsi que tout le public, avec une mention spéciale pour le groupe de filles assises derrière nos amis").

 

Du coup, si la pièce vous intéresse, elle sera le spectacle d'ouverture du festival 33/600 Comedy - Ville de Pessac en partenariat avec le festival des Allégories de Université Bordeaux Montaigne mardi 10 avril 2018 à 19h30 à la médiathèque de Pessac :

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L'encart historique :

La découverte ne s'est d'ailleurs pas cantonnée à la pièce, mais également au lieu : nous y avons assisté au Théâtre de la Rousselle, 77 rue de la Rousselle (devinez le nom du quartier). C'est un tout petit théâtre avec une belle salle en pierre typique des rez-de-chaussée bordelais, qui propose des spectacles de création originale à des prix très abordables.

La Rousselle, c'est un quartier de Bordeaux le long du cours Victor Hugo (côté quais) qui s'est développé avec le commerce au Moyen-Age. On trouve toujours dans cette rue (sans doute celle dont le nom est le plus ancien à Bordeaux, remontant au XIIe s), aux n°23-25, la maison du grand-père de Michel de Montaigne qui commerçait pour le compte du roi du Portugal. De cette rue partent d'autres rues qui ont conservé leur charme d'antan : ne ratez pas la rue du Muguet, aux véritables dimensions médiévales - une rareté sans nom à Bordeaux ! En venant à pied depuis le tram, nous avons descendu la rue Renière sur une section que je n'avais jamais emprunté : c'est une rue pavée (les pavés ne sont pas médiévaux, aucun ne le sont plus à Bordeaux), à sens unique, et qui nous fait bien ressentir que Bordeaux n'est pas réellement plate, mais constituée de petites collines. Dans le quartier, vous trouverez également la rue Neuve, qui porte ce nom depuis le XIIIe s, ainsi que l'impasse de la rue Neuve, dans laquelle vous dénicherez la plus ancienne maison civile de Bordeaux (une maison gothique du XIVe s), ainsi que la maison datant de la Renaissance ayant appartenu Jeanne de Lartigue, l'épouse de Montesquieu, au XVIIIe s.

Le quartier est voisin du quartier Saint-Eloi (et se confond avec dans la vie quotidienne, entre cours Victor Hugo et cours Alsace-Lorraine), nommé d'après l'église et la porte éponyme (la fameuse Grosse Cloche). Toute cette section de la ville (Saint-Eloi et Rousselle, entre les deux cours) s'est développée au Moyen-Age en faubourg de marchands autour de la place du Grand Marché (actuellement place Fernand Lafargue) approvisionnée par le Peugue (au niveau du cours Alsace-Lorraine). La rue Saint-James, qui remonte depuis la Grosse Cloche, était l'équivalent médiéval de la rue Sainte-Catherine actuelle : la rue marchande principale. Ce faubourg, non protégé à l'origine, mais accolé au sud de l'enceinte gallo-romaine (cours Alsace-Lorraine), s'est vu fortifié plus ou moins en catastrophe au XIIIe s, après avoir été sacagé par le roi de Castille, Alphonse VIII. De cette enceinte, il reste la Grosse Cloche, qui était une porte de ville aussi bien que le beffroi de l'hôtel de ville. La porte n'a cependant pas concervé toute sa splendeur : elle était à l'origine précédée d'un châtelet !

C'est un quartier que l'on ne visite généralement pas dans une visite "classique" de Bordeaux, parce qu'on n'a pas le temps et que le quartier est juste en dehors du centre-ville XVIIIe, mais n'hésitez pas à le demander s'il vous intéresse !